Un projet peut être rentable et bien structuré, et rester sans financement parce que le risque politique du pays effraie les prêteurs. C'est précisément là qu'intervient la MIGA, l'agence de garantie du Groupe de la Banque Mondiale, trop souvent ignorée des porteurs de projets.

Une assurance contre les risques non commerciaux

La MIGA ne prête pas et n'investit pas : elle garantit. Elle couvre les investisseurs et les prêteurs contre une catégorie précise de risques, dits politiques ou non commerciaux, que les assureurs privés hésitent à prendre dans certains pays.

Les risques couverts

  • L'expropriation et les mesures équivalentes de l'État.
  • L'inconvertibilité de la monnaie et les restrictions de transfert.
  • Les troubles civils, la guerre et le terrorisme.
  • La rupture de contrat par une autorité publique.

Pourquoi cela change le financement

Une garantie MIGA modifie la perception du risque d'un projet. Un prêteur qui refusait de s'engager sur un pays jugé risqué peut accepter dès lors que la couverture politique est assurée par une institution adossée à la Banque Mondiale. La garantie agit comme un déclencheur de financement.

La MIGA ne rend pas un mauvais projet finançable : elle rend finançable un bon projet bloqué par la seule peur du risque pays. C'est un outil de déblocage, pas de sauvetage.

Effet dissuasif

L'implication de la MIGA exerce un effet dissuasif sur les États : agir contre un projet couvert revient à s'opposer au Groupe de la Banque Mondiale, ce qui réduit en pratique la probabilité du risque assuré.

Pour quels projets

La garantie vise les investissements transfrontaliers : un opérateur qui investit dans un autre pays, un financement étranger entrant dans un projet africain. Les secteurs couverts sont larges : infrastructures, énergie, industrie, secteur financier, agro-industrie. Les montants garantis se comptent généralement en millions de dollars et peuvent atteindre des niveaux très élevés pour les grands projets.

En résumé

La MIGA assure les investissements contre le risque politique — expropriation, inconvertibilité, conflit, rupture de contrat — et débloque ainsi des financements que le risque pays paralysait. Un porteur de projet transfrontalier en Afrique a tout intérêt à intégrer cette garantie dès la structuration de son montage.